par ibrahima Dia
Face à ce qu’elle qualifie de mépris persistant du Gouvernement à l’endroit des populations et des travailleurs, les camarades de Mballo Dia Thiam annoncent une marche nationale, suivie d’une grève de 72 heures sans service minimum, tout en élargissant son front de lutte à l’action sociale et aux retraites.La méga coalition « Jonction des luttes And Gueusseum-SATSUS » regrette que les populations sénégalaises soient confrontées à des mouvements de grève plutôt qu’à des avancées concrètes en matière d’accessibilité financière et géographique aux soins de santé, pourtant garanties par la Constitution.
Pour la coalition, le droit à la santé demeure un pilier fondamental du développement du capital humain, inscrit comme axe stratégique du référentiel Sénégal Horizon 2050, mais toujours loin d’être une réalité pour de nombreux citoyens.
Dans ce contexte, la coalition syndicale annonce le premier jalon de son plan d’actions ce mercredi 7 janvier 2026, suivi d’une marche nationale prévue le 14 janvier à Thiès à partir de 10 heures.
La grève de 72 heures, troisième jalon du plan, initialement programmée plus tôt, est décalée de 24 heures en raison de la célébration du solennel Appel religieux de Seydina Limamou Laye.
Elle se tiendra finalement les mercredi 21, jeudi 22 et vendredi 23 janvier 2026, sans service minimum, tout en garantissant la prise en charge des urgences et le port de brassards rouges.
La Jonction des luttes dénonce avec vigueur les 196 heures de soins et de services perdues lors des précédents mouvements, qu’elle impute à l’inaction de l’État, accusé de vouloir enterrer un passif social sous le prétexte d’une crise financière.
Une justification jugée d’autant plus inacceptable que, selon la coalition, le Gouvernement ne consent aucun sacrifice et maintient, voire augmente, son train de vie, avec le soutien de l’Assemblée nationale.
Cette dernière est particulièrement ciblée pour avoir réduit de 18 % le budget du Ministère de la Santé, tout en affichant ostensiblement un mode de vie luxueux.
Pour les syndicalistes, le récent discours du président de la République, Bassirou Diomaye Faye, pourtant très attendu, n’a fait qu’accentuer le désespoir et la déception, en restant en deçà des attentes liées à la construction d’un système sanitaire et social plus préventif, plus résilient, plus performant et plus motivant.
Au-delà du secteur de la santé, la Jonction des luttes And Gueusseum-SATSUS s’insurge également contre une décision du Ministre de l’Enseignement technique, qui transforme des Centres nationaux de réinsertion sociale (CNRS) en centres de formation technique et professionnelle inclusifs.
Une décision jugée contraire à la vocation de ces structures et en violation de plusieurs textes, notamment la Convention des Nations unies relative aux personnes handicapées, la Convention 159 de l’OIT, le décret portant répartition des services de l’État ainsi que les recommandations des Assises nationales de l’Action sociale de 2008.
Au seuil de cette nouvelle année, la coalition syndicale exprime sa solidarité avec tous les secteurs en lutte, notamment pour le paiement des salaires dus aux contractuels, le respect du Code du travail et du Statut général de la Fonction publique. Elle appelle également à une jonction des luttes pour la retraite à 65 ans, la revalorisation des pensions de retraite, jugées dérisoires, et l’amélioration de la couverture médicale.
Convaincue que la poursuite et l’intensification de la lutte restent l’unique voie pour faire aboutir ses revendications légitimes et légales, la Jonction des luttes And Gueusseum-SATSUS invite l’ensemble des travailleurs et des citoyens à une mobilisation massive. Elle conclut en souhaitant à toutes et à tous une année 2026 placée sous le signe de la justice sociale et de la victoire des combats syndicaux.

