RDC : Gisèle Nebale accuse Patrick Muyaya le ministre de la Communication d’orchestrer une stratégie de stigmatisation et de tortures


Par Hamad BA

De graves accusations secouent la scène politico-médiatique en République démocratique du Congo. La victime et survivante Gisèle Nebale Busima met directement en cause le ministre de la Communication, Patrick Muyaya, qu’elle accuse d’avoir alimenté une stratégie fondée sur la stigmatisation, la peur, la discrimination, la xénophobie et la désinformation, avec des répercussions jusque dans la sous-région.

Dans une déclaration sans concession, l’ex-kidnappée, Gisèle Nebale affirme que le Rwanda aurait été utilisé comme « un véritable cheval de bataille politique ». Selon elle, une dynamique aurait été construite autour de la menace extérieure, visant à influencer le président Félix Tshisekedi et à consolider un agenda politique interne.

« C’est à partir de là que tout a basculé », déclare-t-elle, évoquant l’installation progressive d’un discours de haine, suivi d’actes de discrimination et de stigmatisation systématiques.

Des accusations amplifiées par Kigali

Ces déclarations trouvent un écho du côté rwandais. Le ministre rwandais Jean Bizimana affirme que Patrick Muyaya aurait tenu, sur la chaîne Télé 50 lors de la 32e commémoration, des propos controversés selon lesquels les Tutsis sont des tueurs ». Une déclaration qui, si elle est confirmée, pourrait aggraver davantage les tensions déjà vives entre Kinshasa et Kigali.

Communautés ciblées et tissu social fragilisé

Selon Gisèle Nebale, les conséquences de cette rhétorique ont été « profondes et dévastatrices ». Elle évoque une stigmatisation de certaines communautés, notamment les Swahilis, assimilés à des Rwandais dans une logique qu’elle qualifie de « fabrication identitaire ».

Cette situation aurait :

  • nourri la méfiance entre les populations,
  • exacerbé les tensions sociales,
  • et fragilisé la cohésion nationale.

Elle va plus loin en affirmant que des ressortissants étrangers, notamment somaliens et kenyans, seraient détenus à Kinshasa sur la base d’accusations sans preuves solides.

Répression et dérives dénoncées

La victime et survivante dénonce également une répression des voix dissidentes. Selon elle, toute contestation serait systématiquement étouffée, avec à la clé des arrestations arbitraires, des violations permanentes des droits humains et des accusations infondées visant à justifier certaines détentions.

Elle évoque aussi le recours à des lobbyistes américains, engagés, selon ses propos, pour relayer cette narration à l’international et renforcer une stratégie qu’elle qualifie de « déstabilisation régionale ».

Un témoignage personnel accablant

Dans un récit personnel, Gisèle Nebale affirme avoir été ciblée après avoir engagé des démarches judiciaires. Elle évoque un enlèvement, une séquestration, une campagne de diffamation et des menaces au quotidien.

« On m’a attribué une nationalité rwandaise et présentée comme une espionne », affirme-t-elle, estimant que ces pratiques s’inscrivent dans une stratégie plus large visant à discréditer toute voix critique.

Une crise aux implications régionales

Au-delà du cas congolais, ces accusations soulignent les tensions persistantes dans la région des Grands Lacs. Selon l’activiste, cette rhétorique aurait contribué à détériorer les relations entre pays voisins et à attiser les divisions entre communautés africaines.

Elle affirme enfin disposer de preuves « établies et documentées », appelant à une prise de conscience sur ce qu’elle décrit comme un système structuré d’instrumentalisation identitaire.

Silence officiel et questions en suspens

À ce stade, aucune réaction officielle n’a été enregistrée de la part du ministre Patrick Muyaya ni des autorités congolaises face à ces accusations.

 

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