Grève dans la Santé : And Gueusseum lance son huitième plan d’action et durcit le ton


Par Ibrahima Dia

Le mouvement syndical And Gueusseum passe à la vitesse supérieure. Dans un communiqué rendu public à Dakar le 28 février 2026, l’organisation annonce le lancement de son huitième plan d’action, marquant une nouvelle étape dans la radicalisation de la lutte au sein du secteur de la Santé et de l’Action sociale.
Durant tout le mois de mars, le syndicat prévoit des grèves perlées de 48 heures par semaine, accompagnées d’assemblées générales de mobilisation dans toutes les sections départementales. À cela s’ajoute le boycott systématique des réunions de coordination, des staffs, des ateliers et des missions de supervision, à partir du 12 mars.
Une réponse aux « manœuvres dilatoires »
And Gueusseum justifie cette intensification par ce qu’il qualifie de « manœuvres dilatoires » du Gouvernement, accusé d’entretenir une logique de pourrissement du conflit dans un secteur jugé névralgique.
Le syndicat met en avant le succès des précédents mots d’ordre, notamment les grèves des 26 et 27 février 2026, qui auraient enregistré, selon lui, des taux de suivi élevés à tous les niveaux de la pyramide sanitaire.
La polémique des retenues sur salaire
Au cœur des tensions : les retenues sur salaire opérées à l’encontre des grévistes. And Gueusseum dénonce une mesure « arbitraire et punitive », rappelant qu’en 2018, malgré 17 plans d’action, aucune ponction n’avait été appliquée. À l’époque, souligne le mouvement, les négociations avaient abouti à des avancées concrètes, dont la signature de plusieurs décrets, la révision des plans de carrière et l’intégration d’agents contractuels dans la Fonction publique.
Le syndicat estime que les retenues actuelles constituent un « coup de poignard dans le dos » et interpelle directement le ministre de la Santé, Dr Ibrahima Sy, à qui il rappelle avoir fourni, en janvier 2025 à Ziguinchor, des données sanitaires stratégiques à sa demande.
Interpellation du Chef de l’État
And Gueusseum affirme également avoir adressé des demandes d’audience, un manifeste et plusieurs motions au Président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, restés selon lui sans suite.
Le mouvement estime que l’apurement du passif social relève d’une responsabilité institutionnelle au plus haut niveau de l’État et appelle à une implication directe de la Présidence pour éviter l’enlisement du conflit.
Un mois de mars sous tension
Le calendrier annoncé prévoit :
Des assemblées générales départementales du 1er au 30 mars ;
Des grèves perlées les 5-6 mars, 12-13 mars et 26-27 mars ;
Le boycott des réunions et supervisions du 12 au 30 mars ;
Une évaluation générale le 31 mars à Dakar.
Malgré la fermeté affichée, le syndicat affirme respecter les urgences médicales afin de limiter l’impact sur les patients.

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