Selon eux, un co-accusé a bénéficié d’une liberté sans que le parquet n’interjette appel, alors que l’élu, poursuivi dans les mêmes conditions de procédure et sur la base des mêmes éléments, reste maintenu en détention. Une distinction qui, d’après M. Abdoulaye Ndiaye , ne s’expliquerait que par le statut politique de l’intéressé.
Pour les proches du député-maire, cette situation révèle une justice à « géométrie variable », incompatible avec les principes d’égalité devant la loi. « Une justice saine se reconnaît à sa cohérence », ont-ils insisté, dénonçant une rupture manifeste dans le traitement du dossier.
La conférence du ministre de la Justice, évoquant notamment l’existence de téléphones présentés comme éléments à charge, a également été critiquée. Selon les intervenants, ces téléphones servaient uniquement à permettre à l’honorable député de communiquer avec ses enfants vivant à l’étranger, inquiets pour la santé de leur père après plusieurs mois de détention.
Toute tentative de transformer ces échanges familiaux en éléments à connotation politique est fermement rejetée. Quant aux allégations faisant état d’une prétendue vidéo compromettante, elles sont catégoriquement démenties par l’intéressé, qui met au défi quiconque d’en apporter la preuve.Ils estiment que le contexte politique n’est plus un simple arrière-plan, mais bien un élément central du dossier. Ils rappellent notamment une déclaration publique attribuée au Premier ministre, chef de parti, annonçant que ce serait « la dernière participation » du député dans sa commune.
Depuis lors, selon eux, les événements se sont enchaînés : levée de l’immunité parlementaire, détention prolongée, expertises médicales ignorées, décision de mise en liberté suivie d’un appel bloquant. Une chronologie qui, à leurs yeux, ne peut être considérée comme fortuite.
Une détention jugée incompatible avec l’état de santé de l’honorable député-maire a également été largement évoquée. L’expertise médicale ainsi que la contre-expertise de l’Ordre national des médecins concluraient toutes deux à une incompatibilité avec la détention carcérale. Malgré cela, l’élu reste incarcéré depuis dix mois, avec une détérioration avérée de son état de santé.
Les intervenants ont enfin rappelé que derrière le détenu se trouve une famille, et notamment des enfants affectés par la situation. « Criminaliser l’amour filial », ont-ils déclaré, « est une ligne que même les régimes autoritaires franchissent rarement ».

