Par Alpha Ousmane Ndiaye
Diourbel, 1er mai 2026 – Fait inédit dans la région de Diourbel : l’intersyndicale des travailleurs a décidé de boycotter la traditionnelle cérémonie de dépôt du cahier de doléances à l’occasion de la fête internationale du travail. À la place, les organisations syndicales ont tenu une conférence de presse pour exprimer leur profond mécontentement face à l’attitude des autorités administratives.
Prenant la parole au nom de l’intersyndicale, Moussa Diallo a expliqué que cette décision résulte d’une accumulation de frustrations liées, notamment, au manque de considération des autorités et aux retards répétés dans le traitement des revendications des travailleurs.
Selon les syndicalistes, l’absence répétée du gouverneur de la région, Ibrahima Fall, lors des cérémonies officielles de remise des doléances depuis deux ans, est perçue comme un signe de « mépris » à l’égard des travailleurs. Une posture qu’ils jugent en contradiction avec celle du président de la République, qui reçoit chaque année les centrales syndicales dans un esprit de dialogue et de respect.
Les responsables syndicaux dénoncent également l’absence fréquente des décideurs locaux – chefs de services, élus territoriaux et employeurs – lors des séances d’examen des doléances. « Les autorités concernées doivent être présentes pour mieux comprendre les préoccupations et proposer des solutions concrètes », ont-ils insisté.
Autre point de discorde : la lenteur dans le traitement des revendications. D’après l’intersyndicale, les cahiers de doléances déposés le 1er mai ne sont parfois examinés qu’au troisième ou quatrième trimestre de l’année, avec des discussions qui se prolongent jusqu’à la veille du 1er mai suivant, sans résultats tangibles.
Les syndicats pointent également du doigt l’absence d’un protocole d’accord formel à l’issue des discussions, regrettant que l’Inspection du travail se limite à produire des rapports administratifs sans engagements concrets.
Par ailleurs, l’intersyndicale réclame sa réintégration au Comité régional de développement (CRD), soulignant que plusieurs correspondances adressées aux autorités sont restées sans réponse.
Autre particularité relevée : à Diourbel, un seul cahier de doléances est déposé au nom de l’ensemble des travailleurs, une situation que les syndicalistes qualifient d’« unique au Sénégal ».
Face à ce qu’ils considèrent comme une absence de volonté des autorités à améliorer le dialogue social, les organisations syndicales annoncent un durcissement du ton. Elles envisagent désormais des actions de protestation, notamment des marches, des sit-in devant la gouvernance et d’autres initiatives pour faire entendre leurs revendications.

