PAR IBRAHIMA DIA
Me Abdoulaye Tine, membre de la Coalition Diomaye Président, a pris la parole lors de la conférence de presse de ce lundi pour nuancer le tableau consensuel dressé par Aminata Touré. Si l’avocat dit partager le fond des réformes proposées, notamment la nécessité de mettre fin à l’instrumentalisation de la justice à des fins d’élimination politique, il conteste vigoureusement la méthode retenue pour modifier les articles L.29 et L.30 du Code électoral.
Me Tine a rappelé sa légitimité à se prononcer sur ce sujet. Ancien combattant du M23, il a résisté aux côtés d’Aminata Touré à une époque où la plupart des leaders de l’opposition étaient emprisonnés et où les partis politiques étaient réduits au silence. Il a également rappelé qu’il avait lui-même attaqué en 2018-2019 la loi sur le parrainage devant la Cour de justice de la CEDEAO, plaidant précisément sur la notion d’urgence.
C’est sur ce terrain juridique qu’il a centré sa critique. Le gouvernement invoque une procédure d’urgence pour faire adopter les modifications en question, mais Me Tine estime que cette urgence n’est pas caractérisée au sens du droit. La prochaine élection présidentielle n’étant prévue qu’en 2027, aucun impératif calendaire ne justifie, selon lui, de court-circuiter les consultations habituelles. L’opposition et la société civile n’ont pas été associées au processus, en contradiction directe avec l’esprit de consensus qui avait prévalu lors des Assises de la justice et du dialogue sur le système politique.Pour Me Tine, les réformes souhaitées figurent bien dans le paquet issu de ces dialogues nationaux. La voie était donc tracée. Ce qu’il dénonce, c’est le choix de s’en écarter au moment de la traduction législative, substituant une logique unilatérale à l’élan unitaire laborieusement construit.

